
Un CSA M, convoqué en dernière minute et sans document préparatoire mis sous embargo sur ordre du Premier Ministre, s’est réuni le mercredi 15 octobre en l’absence de la Ministre de l’Agriculture, hélas habituée à faire faux bond. Bis repetita tel un “jour sans fin” sur la forme comme au fond ou à peu près.
C’est donc Madame la Secrétaire Générale qui a été chargée de délivrer les éléments de langage censés rassurer les personnels : “avec un budget qui reste très raisonnable”, “avec des baisses très limitées, une contribution en responsabilité”, “dans un contexte budgétaire extrêmement serré”. Dit autrement et sans euphémisme, le ministère de l’agriculture va encore perdre globalement 60 emplois (et ça aurait pu être pire, après les 91 supprimés en 2025) pour ne surtout pas changer d’orientation politique : réduire les dépenses publiques sans toucher aux recettes et sans faire contribuer les plus riches ! Et pour les personnels, cela sera encore l’austérité : gel de toute mesure salariale (pas de revalorisation du point d’indice) comme catégorielle (ainsi les infirmier·es de l’Enseignement Agricole ou encore les technicien·nes supérieur.es du ministère attendront).
Outre les opérateurs publics qui continuent pour certains d’être matraqués (on citera en particulier FAM avec -14 ETP, l’ASP avec -16 ETP et l’ONF avec -37 ETP), les deux secteurs du ministère qui paient le plus lourd tribut cette année sont :
Et comme si la fragilisation de toutes et tous in fine ne suffisait pas, c’est aussi dans le cadre du programme 215 que les crédits de l’action sociale (on pense particulièrement à la subvention ASMA nationale déjà notoirement insuffisante) comme les fonds Santé et Sécurité au Travail se trouvent également rabotés !
Du côté de l’Enseignement Agricole, après avoir été le seul système d’enseignement “oublié” en 2025 dans le cadre de la priorité redonnée à l’Éducation (dixit à Matignon le conseiller à l’agriculture de François Bayrou), il devra se contenter en 2026 d’un 0 en bout de ligne pour l’Enseignement supérieur (programme 142) et dans l’enseignement technique (programme 143) de 40 créations d’emplois, soit 30 d’enseignant·e et 10 autres dont des inspecteurs·rices et des agent·es comptables. Jamais content·es se diront peut-être certain·es… Après tout… ce n’est pas comme si il était question de répondre aux objectifs de la Loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture. Car à un moment il faut savoir parler vrai : ces 40 emplois ne rattraperont même pas les 45 ETP supprimés en 2025 et moins encore le passif accumulé et la dégradation lente mais continue subie par nos établissements publics depuis 2019 (soit pour mémoire plus de 200 emplois supprimés… au détriment de nos dédoublements devenus indicatifs, de notre offre de formation, du règlement de la moitié du volume d’AP en STAV en heures occasionnelles etc.).
Par contre dans ce contexte, le Ministère trouve 11,5 millions d’euros en plus pour financer les MFR… Et quant les établissements supérieurs agricoles privés voient leur financement en Autorisation d’Engagement tripler “ponctuellement”, ceux du public devront fonctionner sans création d’emplois.
Et pourtant les défis auxquels le Ministère de l’agriculture et l’Enseignement Agricole Public ont à faire face sont immenses :
Non, définitivement ce projet de budget est indigne d’un pays comme le nôtre. L’Élan Commun va le combattre résolument en portant des amendements au budget auprès des parlementaires et dans la rue, dans le cadre d’une intersyndicale qu’il espère la plus large.
Paris, le 16 octobre 2025